Catégorie BJuejuTSSBS

金昌緒 : 春怨

  1. 打起黃鶯兒
  2. 莫教枝上啼
  3. 啼時驚妾夢
  4. 不得到遼西

Jin Changxu (fl. 847?) : Complainte de printemps

  1. Chassez les oiseaux de leur branche,
  2. Que cessent enfin leurs piaillements,
  3. Qui m’arrachent à mes rêves,
  4. Et m’empêchent de rejoindre l’ouest de la Liao!
    (traduction provisoire)

Traduction mot à mot

  • 打起黃鶯兒
    • da qi huang ying er
    • frapper, chasser / élever / jaune / loriot / (particule)
  • 莫教枝上啼
    • mo jiao zhi shang ti
    • ne pas (impératif) / faire que / branche / sur / crier
  • 啼時驚妾夢
    • ti shi jing qie meng
    • crier / au moment où, quand / effrayer / servante, moi / rêve
  • 不得到遼西
    • bu de dao Liao xi
    • (négation) / pouvoir / arriver à, aller / Liao (rivière) / ouest

Notes textuelles

春怨

  1. 打起黃鶯兒 ♦ 打起 faire s’envoler / 黃鶯兒 (huángyīng’er) loriot, oriole
  2. 莫教枝上啼 ♦ 莫教 ne pas laisser / 啼 () crier
  3. 啼時驚妾夢 ♦ 驚 (jīng) effrayer / 妾 moi
  4. 不得到遼西 ♦ 得 obtenir de, pouvoir / 遼西 (ouest du Liaoning)

Commentaire :

  • Ce quatrain régulier pentasyllabique figure régulièrement dans les anthologies, et en particulier dans les Trois cents poèmes des Tang.
  • Ce poème appartient au genre de la complainte de gynécée (guiyuan shi 閨怨詩, guiqing shi 閨情詩), dont la thématique est la femme qui se languit de son mari (ou éventuellement de son amant). Ici, le mari se trouve à la guerre dans le nord-est de la Chine (actuelle Mandchourie). L’épouse a rêvé qu’elle le rejoignait en rêve, mais les oiseaux la réveillent et la ramènent à la réalité de sa solitude.
  • Le mari est doublement absent : il est loin de la « narratrice », et il n’y est fait aucune allusion directe dans le poème. Le titre rend cependant explicite le registre du poème, qui est également suggéré par la référence à la Liao, une région frontière où les armées Tang entretenaient des garnisons, en particulier pour résister aux incursions des « barbares » Khitan.
  • Le titre fait référence à la fois au printemps (chun 春) et à la rancœur (yuan 怨) de la personne qui souffre de sa solitude. Le printemps est une saison gaie (les oiseaux se réjouissent), mais comme souvent dans les poèmes de gynécée il provoque par contraste la tristesse de l’épouse qui attend : l’arrivée des beaux jours marque le renouveau de la nature, mais aussi le passage des années ; la fin du printemps, avec les fleurs qui tombent, est souvent une métaphore pour la brièveté de la jeunesse.
  • Le titre suggère la tristesse de la femme solitaire, mais le poème dégage en même temps une impression de dynamisme, voire de légèreté, et c’est peut-être sa plus grande qualité.
  • Ce poème très court et très simple sonne un peu comme une chanson populaire ; mais il saisit avec efficacité et délicatesse un instant très psychologique, et ce même si les amants qui se retrouvent en rêve est un cliché de la poésie chinoise et de la littérature en général.

Thèmes

Attributs

  • Année de composition : ??
  • Forme : jueju 絕句
  • Vers : 4
  • Pieds : 5
  • Thème : femme solitaire
  • Lieu : (-)
  • Esthétique : 3
  • Mode : triste

Anthologies : 11/29

  • Qianjia(Q), Biecai(Q), Sanbai(Q), Yiduo(R), Ma(P), Yu(P), Gushi(P), Cidian(P), Lidai(P), Quan(P), Pingjian(P)
  • Trois cents poèmes des Tang
  • 7 anthologies RPC

Lien externe