王昌齡 : 從軍行七首其二
- 琵琶起舞換新聲
- 總是關山舊別情
- 撩亂邊愁聽不盡
- 高高秋月照長城
Wang Changling (698-756) : Marche militaire, 2
- On danse au son du pipa sur une nouvelle mélodie ,
- Mais elle exprime encore et toujours le sentiment de la séparation,
- Confusion de la désolation des frontières : comment écouter jusqu’au bout !
- Très haute dans le ciel, la lune d’automne illumine la longue muraille. (traduction provisoire)
Notes textuelles
從軍行七首其二
- 琵琶起舞換新聲 ♦ 琵琶 (pípá) le pipa (sorte de luth à quatre cordes apparu sous les Han, peut-être d’origine étrangère) / 起舞 se mettre à danser, danser / 新聲 nouvelle musique, nouvelle mélodie
- 總是關山舊別情 ♦ 總是 mais c’est toujours / 關山 passes et montagnes, frontières / 舊 (一作離) / 別 séparation
- 撩亂邊愁聽不盡 ♦ 撩亂 (liáoluàn) en désordre, pêle-mêle / 聽 (一作彈)
- 高高秋月照長城
Commentaire
- Ce quatrain fait partie d’une série de sept poèmes de Wang Changling, les « Sept ballades militaires » ; le poème le plus célèbre de la série est le quatrième. Ces Ballades sont typiques du genre des « poèmes de frontières » (biansaishi 邊塞詩), qui évoquent les épreuves de la guerre, les paysages désolés de l’Asie centrale, la nostalgie du pays natal, mais aussi la détermination des soldats à se battre contre les « barbares » et les victoires sur l’ennemi. Le présent poème relève de la lamentation.
- La musique joue un rôle dans plusieurs des « Sept ballades » ; elle est le thème central du présent poème – elle résonne à la fois avec la tristesse du poète et avec le paysage.
- Au v. 2, zong shi 總是, « c’est toujours », résonne avec une force et une finesse louées par les commentateurs ; durée qui va bien au-delà de la musique. Dans le même vers, l’expression guan shan, « forteresses et montagnes », « frontières » est peut-être un raccourci pour guan shan yue 關山月, la mélodie de la « Lune sur les frontières », mentionnée explicitement dans le premier poème de la série. Au v. 3, le mot liaoluan 撩亂, « confus », « pêle-mêle » suggère que la musique, la danse et les sentiments des participants ne forment plus qu’une boule confuse de tristesse.
- Le v. 4 marque une rupture : le poète oublie la musique, et le regard prend du champ pour embrasser l’immense paysage sous la lune. Mais comme l’ont noté la plupart des commentateurs anciens, le sentiment demeure celui de la tristesse, la scène glacée par la lune d’automne ajoutant encore à la désolation et à l’isolement : dans les mots d’un commentateur, « le paysage recèle les sentiments et les rend plus tristes encore » (jing zhong han qing geng can 景中含情更慘).
- Certains interprètes chinois contemporains, cependant, lisent autrement ce quatrième vers. Comprenant chang cheng 長城 comme une référence à la Grande muraille, ils voient dans ce vers une louange de l’héroïsme et du patriotisme des soldats : oubliant leur tristesse, ils contemplent avec fierté et patriotisme l’immense ouvrage, et sont prêts à tous les sacrifices pour accomplir leur mission face à la menace barbare.
- Rappelons que « la » Grande muraille, sous sa forme actuelle, date de la dynastie Ming : chang cheng est sans doute ici un simple nom commun, désignant d’une façon générique un bastion ou un rempart allongé.
Thèmes
Attributs
- Poète : Wang Changling 王昌齡 (698-756, fl. 727, SH)
- Titre : « Cong jun xing » 從軍行七首其二
- Année de composition : ??
- Forme : qi yan jueju 七言絕句
- Thème : frontières
- Lieu : (-)
- Esthétique : 2
- Mode : triste
Anthologies : 7/29
- Juyao(R), Ma(P), Gushi(P), Cidian(P), Quan(P), Pingjian(P), Ge(P)
- 5 anthologies RPC
- Trad. Splendor 100, Hu-Sterk 346
Lien externe
- La page du poème sur l’encyclopédie Baidu : https://baike.baidu.com/item/%E5%BE%9E%E8%BB%8D%E8%A1%8C%E4%B8%83%E9%A6%96/9250234