無名 : 神雞童謠
- 生兒不用識文字
- 鬥雞走馬勝讀書
- 賈家小兒年十三
- 富貴榮華代不如
- 能令金距期勝負
- 白羅繡衫隨軟輿
- 父死長安千里外
- 差夫治道挽喪車
Anonyme (v. 740) : Chanson du merveilleux garçon dresseur de coqs
- Inutile d’enseigner à son fils d’apprendre à lire :
- Coqs de combat et coursiers valent mieux que l’étude !
- Chez les Jia ils ont un gamin de treize ans,
- Qui est plus honoré que les nobles de grands lignages!
- Il commande aux victoires et défaites des coqs à ongles de métal,
- Vêtu de soieries il suit le palanquin de l’Empereur.
- Lorsque son père est mort à mille lieues de Chang’an,
- On a envoyé des hommes ouvrir le chemin et tirer le cercueil.
(traduction provisoire)
Notes textuelles
神雞童謠 ♦ 神雞童 (surnom de Jia Chang 賈昌, 712-810, un célèbre dresseur de coqs de combat)
- 生兒不用識文字
- 鬥雞走馬勝讀書 ♦ 走馬 cheval de course
- 賈家小兒年十三
- 富貴榮華代不如 ♦ (les titres et honneurs de plusieurs générations ne peuvent l’égaler)
- 能令金距期勝負 ♦ 金距 (jù) ongles de métal / 期勝負 deviner les victoires et les défaites, décider de l’issue des combats
- 白羅繡衫隨軟輿 ♦ 白羅繡衫 (xiùshān) magnifiques vêtements (de Ji Chang) / 隨 (suí) suivre / 軟輿 (ruǎnyú) palanquin
- 父死長安千里外
- 差夫持道輓喪車 ♦ 差夫 (chāifū) homme de corvée (ici, envoyés par les fonctionnaires locaux) / 持 (一作治) servir, garder (le cercueil) / 道 (dǎo) guider / 輓 (wǎn) traîner une voiture, tirer
Commentaire
- Ce huitain heptasyllabique anonyme n’a pas été retenu dans les anthologies anciennes ; ce « chant » n’est devenu « populaire » qu’à l’époque contemporaine, le sujet – les excès et caprices d’un ancien empereur, étant évidemment conforme à la vision critique du pouvoir impérial en Chine communiste.
- Ce poème se réfère à Jia Chang 賈昌 (712-810), un garçon qui se gagna la faveur de l’Empereur Xuanzong grâce à ses talents de dresseur de coqs de combat. En 726, Jia Chang aurait été reçu à la cour impériale par l’Empereur et sa favorite, la célèbre Yang Guifei.
- Ce poème est généralement présenté comme une chanson populaire (yao 謠, minyao 民謠), ce qui relève de la simplification idéologique. Il convient de prendre avec des pincettes le qualificatif de « populaire » pour une œuvre qui témoigne d’une maîtrise formelle indéniable, et qui par ailleurs reflète en premier lieu la vieille frustration des lettrés qui malgré leur abnégation peinent à trouver l’oreille du souverain – ici, un dresseur de coqs de combats est mieux honoré qu’eux.
Thèmes
Attributs
- Année de composition : 740?
- Forme : min yao 民謠
- Vers : 8
- Pieds : 7
- Thème : critique
- Lieu : (Shǎnxi) Chang’an
- Esthétique : 2
- Mode : critique
Anthologies : 4/29
- Ma(P), Yu(P), Cidian(P), Quan(P)
- 4 anthologies RPC
- Trad. -
Liens externes
- La page du poème sur l’encyclopédie Baidu : https://baike.baidu.com/item/%E7%A5%9E%E9%9B%9E%E7%AB%A5%E8%AC%A0/1741928
- Sur Jia Chang : https://baike.baidu.com/item/%E8%B3%88%E6%98%8C