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陳陶 : 隴西行

  1. 誓掃匈奴不顧身
  2. 五千貂錦喪胡塵
  3. 可憐無定河邊骨
  4. 猶是春閨夢裏人

Chen Tao (812?-885?) : La marche de Longxi

  1. Au prix de leur vie ils ont juré de balayer les Xiongnu,
  2. Et maintenant cinq mille capes de zibeline jonchent la poussière barbare.
  3. Quelle tristesse que ces ossements sur les bords de la rivière Errance !
  4. Dans les rêves au fond des gynécées ils sont encore vivants.
    (traduction provisoire)

Notes textuelles

隴西行 ♦ 隴西 Lǒngxī (dans l’actuel Gansu)

  1. 誓掃匈奴不顧身
  2. 五千貂錦喪胡塵 ♦ 貂 (diāo) zibeline, martre / 錦 (jǐn) soie doublée / 喪 (sàng)
  3. 可憐無定河邊骨 ♦ 無定河 (rivière près de la Grande Muraille)
  4. 猶是春閨夢裡人 ♦ 春閨 (一作深閨)

Commentaire

  • Ce quatrain régulier heptasyllabique, typique du genre du « poème de frontières », est le deuxième et le plus connu d’une série de quatre poèmes avec le même titre. Il figure dans les Trois cents poèmes des Tang.
  • Longxi, dans l’actuel Gansu, était à l’époque Tang une zone frontière entre l’Empire chinois et des populations « barbares » semi-nomades, appelées ici « Xiongnu » (v. 1), un mot qui au sens propre désigne le peuple qui avaient été le principal ennemi de la dynastie Han, mais qui ici désigne les ennemis des Tang. Il est courant dans la poésie Tang d’utiliser des références Han pour désigner les Tang. François Cheng (L’Écriture poétique chinoise, p. 145), traduit par « les Huns », un choix anachronique, mais a le mérite d’être parlant pour un lecteur européen.
  • Le premier distique montre à la fois la détermination (patriotique) des soldats chinois (v. 1), et le tragique de leur serment, qui est immédiatement réalisé dans sa cruelle littéralité (v. 2) : à peine ont-ils juré de se sacrifier qu’ils reposent, morts, sur le champ de bataille.
  • Le deuxième distique oppose la réalité des ossements sur les bords de la rivière et les rêves dans les gynécées. Les soldats sont déjà morts, mais leurs épouses ne le savent pas encore en raison de la distance, et dans leurs rêves, leurs maris sont encore vivants.
  • La rivière Wuding, littéralement, « la Non-fixée », est l’un des bras du Fleuve Jaune (actuel nord du Shaanxi) ; selon la tradition, elle portait ce nom en raison de l’instabilité de son cours. Mais le mot suggère aussi l’impermanence des choses : notre traduction, « Rivière Errance », est empruntée à François Cheng.

Thèmes

Attributs

  • Année de composition : ca. 853 ?
  • Forme : jueju 絕句
  • Vers : 8
  • Pieds : 7
  • Thème : frontières
  • Lieu : (Gansu)
  • Esthétique : 2
  • Mode : triste

Anthologies : 9/29

  • Biecai(Q), Sanbai(Q), Juyao(R), Yiduo(R), Cidian(P), Xianggang(P), Quan(P), Pingjian(P), Ge(P)
  • Trois cents poèmes des Tang
  • 5 anthologies RPC
  • Trad. Demiéville 336, ChengEcriture 145, Hu-Sterk 497

Liens externes