Catégorie B ♦ Lüshi ♦ TSSBS
秦韜玉 : 貧女
- 蓬門未識綺羅香
- 擬託良媒益自傷
- 誰愛風流高格調
- 共憐時世儉梳妝
- 敢將十指誇偏巧
- 不把雙眉鬬畫長
- 苦恨年年壓金線
- 爲他人作嫁衣裳
Qin Taoyu (fl. 882) : La pauvre jeune fille
- La fille de la chaumière n’a jamais connu le parfum des soieries,
- Elle devra confier son mariage à une entremetteuse, et la voilà plus triste encore.
- Qui m’aimera pour ma noblesse de caractère et ma vertu ?
- Ils n’apprécient que les filles qui se parent à la mode !
- J’ose me vanter de la dextérité de mes dix doigts,
- Mais je n’use pas de noir pour rendre mes sourcils plus longs.
- Je m’afflige de passer mes années à broder le fil doré,
- Confectionnant la robe de mariée pour d’autres que moi.
(traduction provisoire)
Notes textuelles
貧女
- 蓬門未識綺羅香 ♦ 蓬門 (péng) humble porte, humble chaumière / 未識 (shì, shí) ne pas avoir connu / 綺羅 (qǐluó) belles soieries, beaux habits / 綺羅香 le parfum des beaux vêtements
- 擬託良媒益自傷 ♦ 擬 (nǐ) envisager de / 良媒 (liángméi) habile entremetteuse / 益 encore plus / 益自傷 elles sont encore plus tristes (parce qu’elles doivent s’en remettre à une entremetteuse, ou parce qu’elles ne trouvent quand même pas de mari)
- 誰愛風流高格調 ♦ 誰愛 qui aimera? / 風流 distingué / 高格調 haute personnalité / 風流高格調 haute distinction et bon goût
- 共憐時世儉梳妝 ♦ 共 tous / 憐 (lián) aimer, apprécier / 共憐 ils aiment tous / 時世 à la mode / 儉梳妝 (jiǎnshūzhuāng) (nom d’une coiffure)
- 敢將十指誇鍼巧 ♦ 誇 (kuā) louer / 鍼巧 (zhēn) mon habileté à l’aiguille
- 不把雙眉鬥畫長 ♦ 鬥 (dòu) rivaliser / 畫長 (huà cháng) longueur du trait du contour (des sourcils)
- 苦恨年年壓金線 ♦ 苦恨 (kǔhèn) regretter amèrement / 壓 (yā) (ici) broder / 金線 (xiàn) fils précieux
- 為他人作嫁衣裳 ♦ 嫁衣裳 (jiàyīcháng) vêtement de mariage
Commentaire
- Ce huitain régulier heptasyllabique figure déjà dans une anthologie de l’époque Tang, ainsi que dans les Trois cents poèmes des Tang. Étant donné sa dimension sociale (sa connotation de « classe »), il est régulièrement repris dans les anthologies chinoises contemporaines.
- On trouve déjà des poèmes de critique sociale et de compassion pour les pauvres avant le 9e siècle, par exemple chez Du Fu ou chez Bai Juyi ; à la fin de la dynastie, une époque encore plus difficile pour les paysans et les classes défavorisées, la thématique devient particulièrement importante.
- Les v. 1-2 paraissent devoir se lire à la troisième personne ; les vers suivants reflètent les pensées de la « pauvre jeune fille », et nous avons choisi de les rendre à la première personne. Rappelons que le prénom sujet peut être sous-entendu en chinois classique, et c’est le cas dans ce poème.
- Au v. 2, la jeune fille s’afflige parce qu’elle sait que l’entremetteuse aura du mal à lui trouver un mari, les hommes préférant aux travailleuses les jeunes filles à la mode, avec lesquelles la brodeuse n’a pas le loisir de rivaliser – elle ne peut espérer se faire des sourcils aussi longs qu’elles.
- Le dernier distique est un topos du genre : les pauvres s’épuisent à la tâche, mais ce sont les riches qui profitent de leur travail.
Thèmes
Attributs
- Année de composition : ??
- Forme : lüshi 律詩
- Vers : 8
- Pieds : 7
- Thème : peuple (épreuves), femme (épreuves)
- Lieu : (-)
- Esthétique : 2
- Mode : triste
Anthologies : 11/29
- Cdj(T), Biecai(Q), Sanbai(Q), Ma(P), Yu(P), Lidai(P), Cidian(P), WanTang(P), Xianggang(P), Quan(P), Pingjian(P)
- Trois cents poèmes des Tang
- 8 anthologies RPC
- Trad. Bynner, WuSeasons 198
Lien externe
- La page du poème sur l’encyclopédie Baidu : https://baike.baidu.com/item/%E8%B2%A7%E5%A5%B3/6959676