Catégorie BLüshiTSSBS

秦韜玉 : 貧女

  1. 蓬門未識綺羅香
  2. 擬託良媒益自傷
  3. 誰愛風流高格調
  4. 共憐時世儉梳妝
  5. 敢將十指誇偏巧
  6. 不把雙眉鬬畫長
  7. 苦恨年年壓金線
  8. 爲他人作嫁衣裳

Qin Taoyu (fl. 882) : La pauvre jeune fille

  1. La fille de la chaumière n’a jamais connu le parfum des soieries,
  2. Elle devra confier son mariage à une entremetteuse, et la voilà plus triste encore.
  3. Qui m’aimera pour ma noblesse de caractère et ma vertu ?
  4. Ils n’apprécient que les filles qui se parent à la mode !
  5. J’ose me vanter de la dextérité de mes dix doigts,
  6. Mais je n’use pas de noir pour rendre mes sourcils plus longs.
  7. Je m’afflige de passer mes années à broder le fil doré,
  8. Confectionnant la robe de mariée pour d’autres que moi.
    (traduction provisoire)

Notes textuelles

貧女

  1. 蓬門未識綺羅香 ♦ 蓬門 (péng) humble porte, humble chaumière / 未識 (shì, shí) ne pas avoir connu / 綺羅 (qǐluó) belles soieries, beaux habits / 綺羅香 le parfum des beaux vêtements
  2. 擬託良媒益自傷 ♦ 擬 () envisager de / 良媒 (liángméi) habile entremetteuse / 益 encore plus / 益自傷 elles sont encore plus tristes (parce qu’elles doivent s’en remettre à une entremetteuse, ou parce qu’elles ne trouvent quand même pas de mari)
  3. 誰愛風流高格調 ♦ 誰愛 qui aimera? / 風流 distingué / 高格調 haute personnalité / 風流高格調 haute distinction et bon goût
  4. 共憐時世儉梳妝 ♦ 共 tous / 憐 (lián) aimer, apprécier / 共憐 ils aiment tous / 時世 à la mode / 儉梳妝 (jiǎnshūzhuāng) (nom d’une coiffure)
  5. 敢將十指誇鍼巧 ♦ 誇 (kuā) louer / 鍼巧 (zhēn) mon habileté à l’aiguille
  6. 不把雙眉鬥畫長 ♦ 鬥 (dòu) rivaliser / 畫長 (huà cháng) longueur du trait du contour (des sourcils)
  7. 苦恨年年壓金線 ♦ 苦恨 (kǔhèn) regretter amèrement / 壓 () (ici) broder / 金線 (xiàn) fils précieux
  8. 為他人作嫁衣裳 ♦ 嫁衣裳 (jiàyīcháng) vêtement de mariage

Commentaire

  • Ce huitain régulier heptasyllabique figure déjà dans une anthologie de l’époque Tang, ainsi que dans les Trois cents poèmes des Tang. Étant donné sa dimension sociale (sa connotation de « classe »), il est régulièrement repris dans les anthologies chinoises contemporaines.
  • On trouve déjà des poèmes de critique sociale et de compassion pour les pauvres avant le 9e siècle, par exemple chez Du Fu ou chez Bai Juyi ; à la fin de la dynastie, une époque encore plus difficile pour les paysans et les classes défavorisées, la thématique devient particulièrement importante.
  • Les v. 1-2 paraissent devoir se lire à la troisième personne ; les vers suivants reflètent les pensées de la « pauvre jeune fille », et nous avons choisi de les rendre à la première personne. Rappelons que le prénom sujet peut être sous-entendu en chinois classique, et c’est le cas dans ce poème.
  • Au v. 2, la jeune fille s’afflige parce qu’elle sait que l’entremetteuse aura du mal à lui trouver un mari, les hommes préférant aux travailleuses les jeunes filles à la mode, avec lesquelles la brodeuse n’a pas le loisir de rivaliser – elle ne peut espérer se faire des sourcils aussi longs qu’elles.
  • Le dernier distique est un topos du genre : les pauvres s’épuisent à la tâche, mais ce sont les riches qui profitent de leur travail.

Thèmes

Attributs

  • Année de composition : ??
  • Forme : lüshi 律詩
  • Vers : 8
  • Pieds : 7
  • Thème : peuple (épreuves), femme (épreuves)
  • Lieu : (-)
  • Esthétique : 2
  • Mode : triste

Anthologies : 11/29

  • Cdj(T), Biecai(Q), Sanbai(Q), Ma(P), Yu(P), Lidai(P), Cidian(P), WanTang(P), Xianggang(P), Quan(P), Pingjian(P)
  • Trois cents poèmes des Tang
  • 8 anthologies RPC
  • Trad. Bynner, WuSeasons 198

Lien externe