Catégorie A ♦ Lüshi ♦ TSSBS
沈佺期 : 雜詩三首其三
- 聞道黃龍戍
- 頻年不解兵
- 可憐閨裡月
- 長在漢家營
- 少婦今春意
- 良人昨夜情
- 誰能將旗鼓
- 一為取龍城
Shen Quanqi (650?-713?) : Trois poèmes divers, n° 3
- J’ai entendu dire que dans les garnisons du Dragon jaune,
- Cela fait des années qu’on n’a pas cessé de se battre.
- Hélas ! La lune qui brille jusqu’au fond des gynécées,
- Est la même que celle du camp des armées des Han.
- Que de pensées chez la jeune épouse ce printemps !
- Que d’émotions chez son mari la nuit passée !
- Qui parviendra à commander nos étendards et tambours,
- Pour nous emparer une fois pour toutes de la citadelle des Dragons ?
(traduction provisoire)
Notes textuelles
雜詩三首其三
- 聞道黃龍戍 ♦ 聞道 j’ai entendu dire que / 黃龍戍 (shù) les garnisons du Dragon jaune = 黃龍岡 (gāng) les crêtes du Dragon jaune (dans l’actuel Liaoning ; les Tang y stationnaient des troupes)
- 頻年不解兵 ♦ 頻年 (pínnián) année après année / 解兵 ôter ses armes, cesser le combat, arrêter la guerre
- 可憐閨裏月 ♦ 可憐 pitoyable, pauvre / 閨 (guī) appartement des femmes, gynécée
- 長在漢家營 ♦ 長 (cháng) longtemps, toujours / 漢 (désigne les Tang) / 漢家營 campement des armées Tang (la même lune brille sur le gynécée et au front)
- 少婦今春意 ♦ 春意 sentiments printaniers (amoureux)
- 良人昨夜情 ♦ 良人 mari (mon mari, appellation donnée au mari par l’épouse)
- 誰能將旗鼓 ♦ 將 commander / 旗鼓 (qí gǔ) étendards et tambours, (ici) troupes
- 一為取龍城 ♦ 一為取 s’emparer une fois pour toutes de / 龍城 la Citadelle des Dragons (nom d’un campement Xiongnu dans l’actuelle Mongolie ; désigne ici sans doute les Khitan, un peuple proche des Mongols, qui sont très menaçants à la fin du 7e siècle)
Commentaire
- Ce huitain régulier pentasyllabique a notamment été retenu dans l’anthologie des Trois cents poèmes des Tang.
- Il s’agit d’une « lamentation de gynécée » (guiyuan shi 閨怨詩), comme le poème le plus connu de Shen Quanqi, « Sur un mode ancien, présenté au censeur des oublis Qiao Zhizhi », mais sur un mode très différent : alors que cet autre poème accumulait d’une façon savante les allusions, sans doute dans un contexte de cour, celui-ci est très simple, et à notre sens il est plus charmant et plus touchant dans son immédiateté.
- Les poètes Tang se réfèrent souvent à la dynastie Han pour désigner la dynastie Tang, et c’est le cas dans ce poème : les armées Han représentent les armées Tang, et les « barbares » Xiongnu, l’ennemi principal de l’Empire Han, représentent les Khitan, eux-mêmes très menaçants sous les Tang.
Thèmes
Attributs
- Année de composition: 700??
- Forme: lüshi 律詩
- Vers : 8
- Pieds : 5
- Thème: femme solitaire
- Lieu : (Liaoning, Mongolie)
- Esthétique : 2
- Mode triste
Anthologies : 12/29
- Biecai20, Sanbai20, Juyao22, Yiduo22, Ma23, Yu23, Gushi23, Cidian23, Xianggang23, Quan23, Pingjian23, Ge23
- Trois cents poèmes des Tang
- 8 anthologies RPC
- Trad. OwenEarly 350
Lien externe
- La page du poème sur l’encyclopédie Baidu : https://baike.baidu.com/item/%E6%9D%82%E8%AF%97%E4%B8%89%E9%A6%96/18090