Catégorie B ♦ Jueju ♦ Scolaire
白居易 : 暮江吟
- 一道殘陽鋪水中
- 半江瑟瑟半江紅
- 可憐九月初三夜
- 露似真珠月似弓
Bai Juyi (772-846) : « Le chant du Fleuve au couchant »
- Un dernier éclat de lumière se déploie sur l’eau,
- Une moitié d’eau couleur de jade, une moitié pourpre.
- Qu’elle est ravissante cette troisième nuit du neuvième mois :
- La rosée ressemble à des perles, la lune ressemble à un arc. (traduction provisoire)
Notes textuelles
暮江吟 ♦ 暮 (mù) soir, crépuscule / 江 (probablement le 長江) / 吟 (yín) chant, complainte
- 一道殘陽鋪水中 ♦ 殘陽 couchant / 鋪 (pū) se répandre sur
- 半江瑟瑟半江紅 ♦ 瑟瑟 (sèsè) (nom d’une pierre précieuse de couleur jade-vert) jade-vert (couleur de l’eau)
- 可憐九月初三夜 ♦ 可 (一作誰) / 可憐 c’est beau / 初三夜 (fin croissant de lune)
- 露似真珠月似弓 ♦ 露 gouttes de rosée / 真珠 = 珍珠 perle
Commentaire
- Plusieurs commentateurs anciens ont à juste titre fait l’éloge de ce quatrain, mais d’une façon étonnante il a été relativement oublié par les anthologies anciennes ; il ne figure pas dans les Trois cents poèmes des Tang. Il a connu un meilleur sort en Chine contemporaine, et a parfois été inscrit au programme des écoles.
- Il s’agit d’un poème de paysage (xiejing 寫景), que Bai Juyi a probablement composé pendant le voyage qui le menait à Hangzhou, où il devait prendre le poste de préfet.
- Le poème évoque deux moments et deux sujets : d’abord le Fleuve (sans doute le Yang-tsé) au couchant, puis la rosée et la lune lorsque la nuit est tombée. Le Fleuve est décrit de façon objective (les couleurs), la lune et la rosée sont décrites au moyen de métaphores.
- Les anciens commentateurs ont souligné la dimension très picturale (ruhua 入畫) du premier distique. Le v. 2 peut faire penser à certains tableaux de William Turner ou des peintres impressionnistes.
- Le v. 3 indique le temps de l’année : le début du 9e mois du calendrier lunaire correspond au début du mois d’octobre. Au v. 4, l’évocation de la rosée, sans doute dans les herbes au bord de l’eau, confirme que la saison est déjà froide. Il y a évidemment un lien entre la lune et la rosée, puisque c’est la lumière de la lune qui rend la rosée visible ; le poète voit d’abord les gouttes de rosée, et c’est leur éclat qui attire son attention sur le croissant de lune. À noter qu’au troisième jour du mois, c’est-à-dire deux jours après la lune noire, ce croissant est encore très fin.
- Le ton est léger, le poète se contente d’apprécier le spectacle. Selon les commentateurs, Bai Juyi était soulagé de prendre un poste en province, loin des aléas de la vie à la capitale, et la beauté du paysage valide en quelque sorte sa décision de s’être éloigné de la cour. Mais contrairement à d’autres poèmes de paysage, cette petite pièce ne paraît pas posséder de sens caché.
Thèmes
Attributs
- Poète : Bai Juyi 白居易 (772-846, fl. 800, ZT)
- Titre : « Mu jiang yin » 暮江吟
- Année de composition : 822?
- Forme: qi yan jueju 七言絕句
- Thème : paysage
- Lieu : (Zhejiang) Hangzhou ?
- Esthétique : 1
- Mode : laudatif
Anthologies : 8/29
- Juyao(R), Ma(P), Yu(P), Cidian(P), Xianggang(P), Pingjian(P), ZhongJilin(P), XiaoLiu(P)
- 7 anthologies RPC
- 2 anthologies scolaires
- Trad. Hu-Sterk 454
Lien externe
- La page du poème sur l’encyclopédie Baidu : https://baike.baidu.com/item/%E6%9A%AE%E6%B1%9F%E5%90%9F/622378