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王之渙 : 登鸛雀樓

  1. 白日依山盡
  2. 黃河入海流
  3. 欲窮千里目
  4. 更上一層樓

Wang Zhihuan (688-742) : Montant sur la Tour des Cigognes

  1. Le soleil blanc disparaît derrière les montagnes,
  2. Le fleuve jaune s’écoule dans l’océan.
  3. Pour tout voir à mille lieues de distance,
  4. Il faut encore monter un étage.
    (traduction provisoire)

Traduction mot à mot

  • 白日依山盡
    • bai ri yi shan jin
    • blanc – soleil – s’appuyer sur – montagne – disparaître
  • 黃河入海流
    • huang he ru hai liu
    • jaune – fleuve – entrer – mer, océan – couler, s’écouler
  • 欲窮千里目
    • yu qiong qian li mu
    • vouloir – épuiser, aller jusqu’au bout – mille – lieue – œil, vue
  • 更上一層樓
    • geng shang yi ceng lou
    • encore – monter – un – étage – tour

Notes textuelles

登鸛雀樓 ♦ 鸛雀 (guànquè) cigogne / 鸛雀樓 Tour des Cigognes (dans le Shānxi, au bord du Fleuve Jaune)

  1. 白日依山盡
  2. 黃河入海流
  3. 欲窮千里目 ♦ 窮 aller jusqu’au bout, (ici) voir jusqu’à / 千里目 un regard de mille li, très loin
  4. 更上一層樓 ♦ 更 (gèng) encore

Commentaire

  • Ce quatrain régulier pentasyllabique a été très souvent repris dans les anthologies ; il figure dans les Trois cents poèmes des Tang ; on le trouve régulièrement au programme des écoles. Le Palmarès le classe au 4e rang des poèmes les plus influents de la dynastie.
  • L’attribution de ce poème à Wang Zhihuan a parfois été mise en doute.
  • Il s’agit d’un poème d’ascension de bâtiment (deng lou shi 登樓詩), un genre typique de la poésie Tang.
  • Cette pièce est à vrai dire assez peu poétique. Le parallélisme des deux premiers vers est rigide, et le deuxième couplet n’est guère original. Le poème est cependant efficace, et sa simplicité explique sans doute au moins en partie son succès.
  • Les deux distiques sont parallèles, ce qui va au-delà des exigences formelles du quatrain régulier. Cela a régulièrement été loué par les commentateurs anciens, mais en même temps ce double parallélisme contribue à la rigidité du poème.
  • Précisons qu’il s’agit de deux parallélismes de nature différente : le parallélisme du premier distique est un parallélisme simple (zhengdui 正對), les deux vers étant sur le même plan et se répondant terme à terme ; le deuxième distique forme une phrase, avec deux vers qui sont formellement parallèles (窮/上, 千/ 一, 里/層, 目/樓), mais qui forment deux propositions qui entretiennent un lien logique : « Pour tout voir… (alors) montons… ». On parle en chinois de « parallélisme coulant » (liushuidui 流水對) pour désigner ce procédé, qui tolère une plus grande liberté dans l’agencement des caractères.
  • Le premier couplet consiste en une description de paysage (jingwu 景物, le second, d’une façon indirecte, en une leçon de sagesse (zheli 哲理). Le deuxième distique peut se comprendre littéralement (le poète veut mieux voir le paysage) ou comme une leçon générale sur la vie (il convient de prendre de la hauteur pour juger des choses).
  • La Tour des Cigognes, très importante sous les Tang, fut détruite au 13e siècle, et plus tard on oublia jusqu’au site où elle se dressait la tour, qui avait sans doute été recouvert par le Fleuve et enfoui sous des sédiments. La tour actuelle, achevée en 2002, est une reconstitution sans doute assez éloignée de la tour originale ; elle est construite à plusieurs kilomètres du site de cette dernière ; elle mesure 73,9 mètres de haut.

Thèmes

Attributs

  • Année de composition: 734??
  • Forme: jueju 絕句
  • Vers : 4
  • Pieds : 5
  • Thème: paysage (philosophique)
  • Lieu : (Shaanxi) Yongji
  • Esthétique : 3
  • Mode: exhortatif

Anthologies : 18/29

  • Gxj(T), Qianjia(Q), Biecai(Q), Sanbai(Q), Juyao(R), Yiduo(R), Ma(P), Yu(P), Gushi(P), Cidian(P), Xianggang(P), Quan(P), Ge(P), ZhongJilin(P), XiaoZhonghua(P), XiaoLiu(P), XiaoZheng(P), Paihang(P)
  • Tang / Qing / Rép / RPC
  • Trois cents poèmes des Tang
  • 12 anthologies RPC
  • 4 anthologies scolaires
  • Palmarès (n°4)
  • Trad. Demiéville 275, OwenGreat 247, Hu-Sterk 339

Liens externes