Catégorie A ♦ Lüshi ♦ Palmarès
李商隱 : 馬嵬二首其二
- 海外徒聞更九州
- 他生未卜此生休
- 空聞虎旅傳宵柝
- 無複雞人報曉籌
- 此日六軍同駐馬
- 當時七夕笑牽牛
- 如何四紀為天子
- 不及盧家有莫愁
Li Shangyin (813-858?) : Mawei
- On dit vainement qu’il y aurait au-delà des mers un autre continent –
- On ne peut savoir pour l’autre vie de Yang Guifei, mais sa vie-ci s’est bien finie ici !
- Elle entendit seulement le bataillon des Tigres sonner les veilles sur la cloche de bois,
- Elle n’entendit plus jamais le héraut des coqs annoncer l’aube sur ses bâtonnets.
- Ce jour-là, les Six armées arrêtèrent en même temps leurs chevaux,
- Autrefois le Septième soir les amants s’étaient moqués du Bouvier.
- Comment un souverain qui avait régné durant plus de quarante ans
- Ne put-il atteindre au bonheur de Lu, l’époux de Sans-Souci ? (traduction provisoire)
Notes textuelles
馬嵬二首其二 ♦ 馬嵬 Mǎwéi (endroit où Yang Guifei fut tuée, dans l’actuel Shǎnxi)
- 海外徒聞更九州 ♦ 徒 en vain (?) / 更 encore / 九州 (ici, neuf régions, désigne ici le monde des immortels, au-delà des neuf régions de la Chine, où selon une légende Yang Guifei aurait trouvé refuge après sa mort, cf. le poème « Le Chant des regrets éternels » de Bai Juyi).
- 他生未卜此生休 ♦ 他生 autre vie, vie après la mort /卜 (一作決) prévoir / 休 se terminer (à noter l’inversion stylistique dans ce vers)
- 空聞虎旅傳宵柝 ♦ 傳 (一作鳴) / 虎旅 (désigne ici la garde impériale de l’Empereur Xuanzong) / 柝 (tuò) morceau de bois creux que frappent les veilleurs de nuit
- 無復雞人報曉籌 ♦ 雞人 (jīrén) officier des coqs (chargé notamment d’annoncer l’aube) / 籌 (chóu) bâtonnets (qui servaient à compter) (ces deux vers signifient que Yang Guifei est morte à Mawei et n’a plus jamais entendu l’officier des coqs annoncer l’aube au palais impérial à Chang’an)
- 此日六軍同駐馬 ♦ 此日 (le jour où la garde impériale s’arrêta à Mawei) / 六軍 armées impériales / 駐馬 (les soldats) arrêtèrent leurs chevaux (pour demander l’exécution de la concubine)
- 當時七夕笑牽牛 ♦ 七夕 le soir du 7e jour (de la 7e lune : fête des amoureux, lorsque l’Empereur Xuanzong et Yang Guifei se seraient jurés de rester toujours ensemble) / 笑牽牛 (l’Empereur et Yang Guifei se seraient moqués du Bouvier, qui ne rejoignait la Tisserande qu’une fois par an)
- 如何四紀為天子 ♦ 紀 cycle de douze ans (correspondant à une révolution de Jupiter) / 四紀為天子 (le règne de Xuanzong dura 45 ans)
- 不及盧家有莫愁 ♦ 莫愁 Mòchóu (littéralement, « Sans-Souci » jeune fille de Luoyang qui connut une vie heureuse après s’être mariée dans la famille Lu 盧家, une famille ordinaire)
Commentaire
- Ce huitain régulier heptasyllabique a été retenu dans des anthologies à toutes les époques. Il figure au 42e rang du Palmarès de la poésie Tang de Wang Zhaopeng.
- Comme beaucoup d’autres poèmes Tang, ce poème est une variation sur l’histoire tragique de l’Empereur Xuanzong et de Yang Guifei, sa favorite, sacrifiée sur l’autel de la politique au moment de la rébellion de An Lushan (cf. Yang Guifei).
- Notons que le nom de l’Empereur et de sa concubine n’apparaissent pas dans le texte chinois : sous les Tang, leur histoire était si connue que quelques allusions suffisaient pour ne pas avoir besoin de préciser le sujet du poème. Ainsi, le nom de Mawei, un bourg dans l’actuel Shǎnxi, est-il devenu indissociable de la légende des deux amants. De fait, tout le poème procède par allusions. Pour une version détaillée de cette histoire, on se référera au « Chant des regrets éternels » de Bai Juyi
- F. Cheng commente ce poème dans L’Écriture chinoise, pp. 41-42.
Thèmes
- Empereur Xuanzong
- Yang Guifei
- Femme (palais)
- Amour
- Immortels et immortalité
- Empereur et cour impériale
- Nombres
- Mythologie
Attributs
- Année de composition : 838
- Forme : qi yan lüshi 七言律詩
- Vers : 8
- Pieds : 7
- Thème : anciens, femme
- Lieu : (Shaanxi) Mawei (Xingping)
- Esthétique : 1
- Mode : critique, triste
Anthologies : 9/29
- Cdj(T), Biecai(Q), Yiduo(R), Ma(P), Yu(P), Cidian(P), WanTang(P), Pingjian(P), Paihang(P)
- Tang / Qing / Rép / RPC
- 6 anthologies RPC
- Palmarès (n°42)
- Trad. OwenLate 434
Lien externe
- La page du poème sur l’encyclopédie Baidu : https://baike.baidu.com/item/%E9%A9%AC%E5%B5%AC%E4%BA%8C%E9%A6%96/1519673