Catégorie A ♦ Jueju ♦ TSSBS ♦ Palmarès ♦ Scolaire
王昌齡 : 出塞
- 秦時明月漢時關
- 萬里長征人未還
- 但使龍城飛將在
- 不教胡馬度陰山
Wang Changling (698-756) : Passant la frontière
- C’est toujours la lune du temps des Qin, ce sont toujours les frontières du temps des Han !
- Personne ne rentre de ces expéditions militaires de dix mille lieues !
- Si seulement le général volant de Longcheng était encore là :
- Il ne permettrait pas aux chevaux barbares de traverser les monts Yin.
(traduction provisoire)
Notes textuelles
出塞二首其一 ♦ 出塞 (nom de yuefu)
- 秦時明月漢時關 ♦ 秦時明月漢時關 (lune et paysage sont toujours les mêmes, rien n’a changé depuis les temps anciens)
- 萬里長征人未還 ♦ 長征人 soldats en expédition au loin (aux frontières) / 還 (huán) rentrer / 人未還 personne n’est rentré
- 但使龍城飛將在 ♦ 但使 il suffit de / 龍城 (一作盧城) (dans l’actuel Hebei, où fut stationné Li Guang) / 飛將 (jiàng) le général-volant (c’est-à-dire le célèbre général Li Guang, 184-119)
- 不教胡馬度陰山 ♦ 不教 ne pas laisser / 胡馬 les chevaux barbares / 陰山 massif des Yinshan (au sud-est du Gobi, dans les actuels Hebei et Mongolie intérieure)
Commentaire
- Ce quatrain est le plus célèbre poème de Wang Changling, l’un des grands poètes de la dynastie Tang. Il fait partie d’une paire de quatrains sur le même sujet, mais le deuxième poème est moins connu.
- Comme son nom le suggère, ce quatrain appartient au genre des poèmes de frontières (biansai shi 邊塞詩). Il mélange deux thématiques fréquentes du genre : les épreuves des guerres contre les « barbares » (c’est-à-dire les peuples semi-nomades du nord ou du nord-ouest de l’Empire) (v. 2) et l’exhortation à résister aux barbares.
- Le vers 1 est l’un des vers les plus fameux de la poésie chinoise ancienne. Il exprime une frustration : cela fait des siècles que les « Chinois » sont confrontés aux « barbares » et qu’ils doivent se battre aux frontières. La lune (qui est la même qu’au pays natal) et les passes (qu’on doit passer pour regagner les plaines centrales) rappellent par ailleurs l’éloignement de ces terres par rapport à la patrie. Certains commentateurs ont insisté sur le fait que les défenses contre les « barbares » ont véritablement été mises en place sous les Han, d’où peut-être la différence entre la « mémoire » des Qin et celle des « Han » dans ce vers. À noter que le vers est à peine construit (on n’y trouve aucun verbe), ce qu’une minorité d’esprits formalistes ont reproché au poète.
- L’allusion à Li Guang (184-119), le célèbre général de la dynastie Han, est ambiguë : elle peut se comprendre soit comme une exhortation (il faut qu’un général endosse le rôle de Li Guang), soit comme une critique (on ne trouve aucun général qui soit capable, comme Li Guang, de venir à bout des barbares) – ou plus généralement, la politique militaire des Tang n’est pas satisfaisante.
Thèmes
Attributs
- Année de composition : ??
- Forme : qi yan jueju 七言絕句
- Vers : 4
- Pieds : 7
- Thème : frontières, guerre (épreuves)
- Lieu : (nord-ouest?)
- Esthétique : 2
- Mode : exhortatif
Anthologies : 17/29
- Cdj(T), Biecai(Q), Sanbai(Q), Juyao(R), Yiduo(R), Ma(P), Yu(P), Gushi(P), Cidian(P), Xianggang(P), Pingjian(P), Ge(P), ZhongJilin(P), XiaoZhonghua(P), XiaoLiu(P), XiaoZheng(P), Paihang(P)
- Tang / Qing / Rép / RPC
- Trois cents poèmes des Tang
- 12 anthologies RPC
- 4 anthologies scolaires
- Palmarès (n°25)
- Trad. Hu-Sterk 348
Lien externe
- La page de ce poème sur l’encyclopédie Baidu : https://baike.baidu.com/item/%E5%87%BA%E5%A1%9E%E4%BA%8C%E9%A6%96/430137