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王績 : 野望

  1. 東皋薄暮望
  2. 徙倚欲何依
  3. 樹樹皆秋色
  4. 山山唯落暉
  5. 牧人驅犢返
  6. 獵馬帶禽歸
  7. 相顧無相識
  8. 長歌懷采薇

Wang Ji (590?-644) : Vue de la campagne

  1. Crépuscule sur Donggao, je regarde au loin,
  2. Perplexe : sur quoi me reposer pour vivre ?
  3. Les arbres sont parés des couleurs de l’automne,
  4. Les montagnes sont prises dans la lumière du couchant.
  5. Les bergers s’en reviennent en poussant leur bétail,
  6. Les chevaux des chasseurs rentrent chargés de gibier.
  7. Je regarde ces gens et ne les reconnais pas,
  8. J’entonne avec envie le long « Chant des osmondes ».
    (traduction provisoire)

Notes textuelles

野望

  1. 東皋薄暮望 ♦ 東皋 Dōnggāo (dans l’actuel Shanxi, lieu où le poète se fit ermite) / 薄暮 (bómù) soir, crépuscule / 望 regarder au loin
  2. 徙倚欲何依 ♦ 徙倚 (xǐyǐ) hésitant / 依 s’appuyer sur / 欲何依 sur quoi vais-je m’appuyer?
  3. 樹樹皆秋色 ♦ 秋色 (一作春色) les lumières (couleurs) de l’automne
  4. 山山唯落暉 ♦ 唯 ce n’est que / 暉 (huī) lumière du soleil / 落暉 (luòhuī) éclat du couchant
  5. 牧人驅犢返 ♦ 牧人 (mùrén) bergers / 驅 () conduire, presser / 犢 () veau
  6. 獵馬帶禽歸 ♦ 獵馬 (lièmǎ) cheval de chasseur / 禽 (qín) oiseaux (gibier)
  7. 相顧無相識 ♦ 相 (remplace le complément d’objet direct) / 顧 () regarder / 無相識 je ne les connais pas
  8. 長歌懷采薇 ♦ 懷 (huái) souhaiter, avoir au cœur, se languir de / 采薇 (cǎi wēi) cueillir des osmondes (nom d’un poème du Shijiing, allusion à Bo Yi et Shu Qi qui par loyauté pour la dynastie Shang ne mangèrent que de l’osmonde et se laissèrent mourir de faim ; vie d’ermite) / 懷采薇 aspirer à une vie d’ermite

Commentaire

  • Ce huitain régulier pentasyllabique est le plus connu de Wang Ji, et c’est l’un des seuls qui a régulièrement été retenu dans les anthologies. On le trouve au 80e rang du Palmarès.
  • Wang Ji vécut sous la dynastie des Sui et au début de la dynastie Tang. Talent précoce, il occupa par intermittences quelques postes (mineurs), mais sa grande passion était l’alcool, et il est surtout connu pour ses courts poèmes d’ivresse, souvent pittoresques. Ainsi par exemple : « Lorsque j’ai un visiteur, je le fais boire / Lorsque je n’ai plus d’argent, j’ai un moyen pour boire quand même / J’entre dans la taverne et j’insiste : ‘Faites-moi crédit !’ / Ce qui embarrasse la serveuse barbare qui tient la taverne. » (« Passant par la taverne, 5 »)
  • Le présent huitain n’est donc pas du tout représentatif de la poésie généralement fort peu digne de Wang Ji. Dans ce poème, le poète décrit la vie sereine de la campagne, puis fait vœu d’érémitisme. Au v. 2, il se demande peut-être comment survivre hors de la carrière officielle. Les deux distiques centraux (v. 3-4, 5-6) renvoient aux beautés de la nature et de la vie pastorale. Mais le v. 7 suggère avec beaucoup de subtilité que même la société des villageois paraît aliénante au poète, qui ne se reconnaît tout simplement pas dans la société des hommes. Au v. 8, il dit explicitement qu’il aspire à une vie d’ermite.
  • Comme le souligne Stephen Owen, qui consacre un chapitre à Wang Ji dans sa monographie The Poetry of the Early Tang (pp. 60 ss.), ce poème anticipe à certains égards la grande poésie des Tang, plus d’un siècle plus tard.

Thèmes

Attributs

  • Année de composition: 630??
  • Forme: lüshi 律詩
  • Vers : 8
  • Pieds : 5
  • Thème: érémitisme
  • Lieu : (Shanxi) Donggao (Hejin)
  • Esthétique : 2
  • Mode: indéterminé

Anthologies : 11/29

  • Qianjia(Q), Biecai(Q), Yiduo(R), Ma(P), Yu(P), Cidian(P), Ge(P), Xianggang(P), Quan(P), Pingjian(P), Paihang(P)
  • 6 anthologies RPC
  • Palmarès (n°80)
  • Trad. OwenEarly 70

Lien externe