Catégorie A ♦ Lüshi ♦ TSSBS ♦ Palmarès
杜甫 : 月夜
- 今夜鄜州月
- 閨中只獨看
- 遙憐小兒女
- 未解憶長安
- 香霧雲鬟濕
- 清輝玉臂寒
- 何時倚虛幌
- 雙照淚痕乾
Du Fu (712-770) : Nuit de lune
- La lune qui brille ce soir sur Fuzhou,
- Mon épouse la contemple toute seule.
- Je m’ennuie des mes jeunes enfants si loin
- Qui eux n’ont aucune pensée pour Chang’an.
- Dans les nuées parfumées son chignon humide,
- Sous l’astre clair ses bras de jade qui frissonnent :
- Quand nous tiendrons-nous ensemble contre le mince rideau,
- Les traces de nos larmes dans l’éclat de la lune?
(traduction provisoire)
Notes textuelles
月夜
- 今夜鄜州月 ♦ 鄜州 Fūzhōu (dans le Shaanxi; l’épouse s’y trouve, Du Fu est à Chang’an
- 閨中只獨看 ♦ 只獨看 tu es seule à regarder
- 遙憐小兒女 ♦ 憐 (lián) éprouver de la tendresse
- 未解憶長安 ♦ 未解憶長安 (les enfants ne comprennent pas que leur mère pense à son mari qui est Chang’an)
- 香霧雲鬟濕 ♦ 雲鬟 (huán) (type de coiffure, sorte de chignon) / 香霧雲鬟濕 les nuées parfumées (à cause) de son chignon humide (parce qu’elle a regardé longtemps la lune)
- 清輝玉臂寒 ♦ 清輝 (huī) éclat (de la lune), lune / 玉臂 (yùbì) bras blanc comme le jade
- 何時倚虛幌 ♦ 倚 (yǐ) s’appuyer contre / 虛幌 (huǎng) rideau transparent
- 雙照淚痕乾 ♦ 雙照 (s’oppose à 獨看 dans le deuxième vers: le poète et son épouse sont tous deux illuminés par la lune, qui séchera les restes de leurs larmes)
Commentaire
- Ce poème date de 756, à un moment où le poète est emprisonné par le rebelle An Lushan à Chang’an. Son épouse se trouve pour sa part à Fuzhou (dans l’actuel Shaanxi.
- Le poète pense à sa femme, et il imagine qu’elle pense à lui : le déclencheur de la nostalgie est la lune, que malgré la distance les époux séparés peuvent voir en même temps. Le poète pense également à ses enfants, mais il sait qu’eux ne s’ennuient sans doute pas de la même manière de lui, voire qu’ils ne comprennent pas la mélancolie de leur mère : ils ne se souviennent pas de lui (yi 憶).
- On notera la tonalité très « blanche » du poème, en raison bien sûr de l’éclat de la lune.
- Au v. 2, « contemple seule » (du kan 獨看) s’oppose à « double », « deux » (shuang 雙) au v. 8 ; pour certains commentateurs. Les mots « je m’ennuie au loin » (yaolian 遥憐, littéralement « aimer au loin »), au v. 3, résume l’esprit du poème. Un autre mot important est yi
- La question « quand » (heshi 何時), qui ouvre le dernier distique (v. 7) est à la fois triste et pleine d’espoir.
Thèmes
- Lettré (nostalgie de l’épouse)
- Enfants
- Lettré (nostalgie de la famille)
- Femme (belle)
- Physique et corps
- Lumière
- Lune
Attributs
- Année de composition : 756
- Forme : wu yan lüshi 五言律詩
- Vers : 8
- Pieds : 5
- Thème : nostalgie (de l’épouse)
- Lieu : (Shaanxi) Chang’an
- Esthétique : 1
- Mode : triste
Anthologies : 14/29
- Biecai(Q), Sanbai(Q), Juyao(R), Yiduo(R), Ma(P), Yu(P), Gushi(P), Cidian(P), Xianggang(P), Quan(P), Lidai(P), Pingjian(P), Ge(P), Paihang(P)
- Trois cents poèmes des Tang
- 10 anthologies RPC
- Palmarès (n°86)
- Trad. Hu-Sterk 393, Chapuis II.111
Lien externe
- La page du poème sur l’encyclopédie Baidu : https://baike.baidu.com/item/%E6%9C%88%E5%A4%9C/10641322