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王昌齡 : 從軍行七首其四

  1. 青海長雲暗雪山
  2. 孤城遙望玉門關
  3. 黃沙百戰穿金甲
  4. 不破樓蘭終不還

Wang Changling (698-756) : Ballade militaire, 4

  1. Du Kokonor s’élèvent de longs nuages qui obscurcissent les Monts neigeux,
  2. De la citadelle solitaire on regarde au loin vers les passes de Yumen.
  3. Cent batailles sur les sables jaunes ont troué nos armures,
  4. Nous ne rentrerons pas avant d’avoir brisé les Loulan.
    (traduction provisoire)

Notes textuelles

從軍行七首其四

  1. 青海長雲暗雪山 ♦ 青海 lac Qinghai (ou Kokonor) / 暗 (àn) voiler, obscurcir / 雪山 (les monts Qílián 祁連山, qui marquent la frontière entre le Qinghai et le Gansu)
  2. 孤城遙望玉門關 ♦ 孤城 la forteresse solitaire (près des passes de Yumen) / 玉門關 les passes de Yumen (dans l’actuel Gansu) (一作雁門關)
  3. 黃沙百戰穿金甲 ♦ 黃沙 sables jaunes (du désert : les champs de bataille) / 穿 percer, traverser / 金甲 armures
  4. 不破樓蘭終不還 ♦ 破 (一作斬) / 樓蘭 (ancien pays d’Asie centrale, près du Lob-Nor; désigne ici l’ennemi barbare) / 終不還 (一作竟不還)

Commentaire

  • Ce quatrain est le plus célèbre d’une série de sept poèmes de Wang Changling, les « Sept ballades militaires », typiques du genre des « poèmes de frontières » (biansaishi 邊塞詩), qui évoquent les épreuves de la guerre, les paysages désolés de l’Asie centrale, la nostalgie du pays natal, mais aussi la détermination des soldats à se battre contre les « barbares ».
  • Au premier vers, il est question du Qinghai, que la plupart des commentateurs identifient au grand lac de ce nom (dans l’actuelle province du Qinghai). Les « Monts neigeux » (xueshan 雪山) sont un nom alternatif pour la chaîne des monts Qilian, qui se situe à quelques dizaines de kilomètres au nord du lac.
  • Au deuxième vers, le poème indique que l’on « voit au loin » la passe de Yumen, ce qui n’est guère réaliste, cette passe se trouvant à des centaines de kilomètres au nord-ouest (près de Dunhuang dans l’actuel Gansu). Mais évidemment, le poète ne fait pas de la géographie ici ; il mobilise des noms de lieux évocateurs, qui dans l’imaginaire collectif des Tang renvoient aux paysages inhospitaliers des frontières et aux guerres millénaires contre les « barbares » de l’Asie centrale. On peut aussi comprendre que les soldats regardent en direction des passes, que précisément ils ne peuvent voir en raison de la distance, ce qui rend plus poignant encore l’éloignement de la patrie.
  • Comme le remarque Stephen Owen (The Great Age of Chinese Poetry, p. 101), le poème peut s’interpréter de deux manières : soit comme une évocation de la résolution des soldats à vaincre les « barbares » quels que soient les sacrifices, soit comme l’expression de leur découragement et de la nostalgie du pays natal : ils aspirent à rentrer chez eux, mais cette guerre qui n’en finit pas les en empêche. Les soldats de ce poème sont-ils des héros, ou des guerriers fatigués ? Le deuxième vers pourrait inciter à privilégier la deuxième lecture, et le vocabulaire (l’obscurité, les nuages, la citadelle solitaire dans le vaste paysage) est typique de la tristesse des poèmes de frontière. Mais on peut aussi imaginer qu’en fin de compte les soldats surmontent les blessures de la guerre et la nostalgie de la terre natale en se souvenant de la mission qu’ils ont à accomplir. Les autres « Ballades » de la série relevant soit du mode triste (1-3), soit du mode martial (5-6), les deux interprétations paraissent possibles. Elles ne sont d’ailleurs pas complètement exclusives l’une de l’autre.
  • Au troisième vers, les commentateurs estiment généralement que la description chuan jin jia 穿金甲, « percer les armures », concerne les soldats Tang : leurs armures portent la marque des coups qu’ils ont reçus. On pourrait aussi comprendre, d’une façon plus martiale, que les soldats Tang ont percé les armures des soldats barbares. Florence Hu-Sterk traduit par « les sables jaunes ont percé les armures dorées » (Anthologie de la poésie chinoise, p. 346) , ce qui est une interprétation intéressante.
  • Wang Changling est souvent considéré comme un « virtuose du quatrain heptasyllabique » (qi jue shengshou 七絕聖手), et cette pièce en est un exemple manifeste.

Thèmes

Attributs

  • Année de composition : ??
  • Forme : qi yan jueju 七言絕句
  • Vers : 4
  • Pieds : 7
  • Thème : frontières
  • Lieu : (Qinghai) lac Qinghai
  • Esthétique : 2
  • Mode : exhortatif

Anthologies : 16/29

  • Gxj(T), Biecai(Q), Juyao(R), Ma(P), Yu(P), Gushi(P), Cidian(P), Lidai(P), Xianggang(P), Quan(P), Pingjian(P), Ge(P), ZhongJilin(P), XiaoLiu(P), XiaoZheng(P), Paihang(P)
  • Tang / Qing / Rép / RPC
  • 13 anthologies RPC
  • 3 anthologies scolaires
  • Palmarès (n°76)
  • Trad. OwenGreat 101, Hu-Sterk 346

Lien externe