Catégorie A ♦ Jueju ♦ TSSBS ♦ Palmarès ♦ Scolaire
李白 : 黃鶴樓送孟浩然之廣陵
- 故人西辭黃鶴樓
- 煙花三月下揚州
- 孤帆遠影碧空盡
- 唯見長江天際流
Li Bai (701-762) : Au Pavillon de la Grue Jaune, accompagnant Meng Haoran partant pour Guangling
- Au Pavillon de la Grue Jaune, mon vieil ami me laisse à l’ouest,
- Il descend vers Yangzhou dans les fleurs vaporeuses du troisième mois.
- Au loin le reflet de sa voile solitaire se perd dans le vide azuré,
- On ne voit plus que le Yang-tsé qui coule aux frontières du ciel.
(traduction provisoire)
Notes textuelles
黃鶴樓送孟浩然之廣陵 ♦ 黃鶴樓 (hè) Tour de la Grue Jaune (dans l’actuel Hubei à Wuhan) / 之 aller / 廣陵 Guǎnglíng (= Yangzhou 揚州, dans l’actuel Jiangsu)
- 故人西辭黃鶴樓 ♦ 故人 vieil ami (= Meng Haoran) / 西辭 prendre congé à l’ouest (Meng Haoran va descendre le Yang-tsé vers l’est)
- 煙花三月下揚州 ♦ 煙 brume, vapeur / 煙花 (allusion à la beauté brumeuse du printemps : nuées et ombres, chatons de fleurs) / 下 descendre (le Yang-tsé) / 揚州 Yángzhōu
- 孤帆遠影碧空盡 ♦ 孤帆 (gū fān) voile solitaire / 影 ombre, reflet / 碧 (bì) vert de jade, bleu-vert / 空 (一作山) / 碧空 azur du ciel / 盡 disparaître, finir
- 唯見長江天際流 ♦ 天際 limite du ciel, horizon
Commentaire
- Ce quatrain régulier pentasyllabique a été retenu dans de nombreuses anthologies, que ce soit en Chine ancienne ou en Chine contemporaine. Il figure dans les Trois cents poèmes des Tang. On le trouve régulièrement au programme des écoles en Chine. Il est classé au 40e rang du Palmarès.
- Ce poème date de la période où le poète séjourne à Anlu 安陸 (dans l’actuel Hubei, à quelques dizaines de kilomètres au nord-ouest de l’actuelle Wuhan) ; ce quatrain n’est pas à proprement parler un poème de jeunesse, puisque le poète a déjà 27 ans, mais il date d’avant son séjour à la capitale et sa célébrité.
- Il s’agit d’un poème d’adieu ou de séparation (songbie shi 送別詩) : Li Bai a appris que son ami Meng Haoran, qu’il connaît depuis plus de dix ans et qui à l’époque est déjà un célèbre poète, va partir vers l’est ; il lui donne rendez-vous à Jiangxia 江夏 (correspondant à l’actuelle Wuchang, l’un des districts de l’actuelle Wuhan) pour prendre congé de lui, et il compose ce poème à cette occasion.
- À l’époque déjà, le Pavillon de la Grue Jaune était célèbre, et les poètes s’y retrouvaient volontiers, en particulier pour fêter des départs. Selon la tradition, un ancien immortel s’était envolé de cet endroit sur une grue jaune (pour les détails, cf. notre commentaire au poème de Cui Hao, « Le Pavillon de la Grue jaune »), et implicitement, Li Bai compare donc Meng Haoran à un immortel.
- Les deux premiers vers s’attachent à la séparation, les deux derniers vers évoquent le paysage ; mais le paysage est déjà présent au deuxième vers, et le paysage des deux derniers vers sert de cadre au bateau de l’ami qui disparaît sur le fleuve. Il y a donc continuité entre le paysage et les sentiments (yi jing jian qing 以景見情).
- La majorité des commentateurs ont jugé que ce quatrain était mélancolique, comme le veut le genre du poème d’adieu. Mais on peut remarquer qu’aucun mot du poème n’évoque directement la tristesse. Que ce soit dans la vie de Li Bai ou au plan politique, la période est plutôt faste, et par ailleurs le départ du voyageur se fait par un beau jour de printemps et dans un paysage grandiose : même si ce poème est composé à l’occasion d’une séparation entre deux amis, il respire une certaine sérénité.
- Le v. 2 célèbre la beauté du printemps ; la ville de Yangzhou elle-même est fréquemment associée à la beauté de cette saison dans la poésie Tang.
- Au v. 3, la « vague solitaire » peut se lire comme une métaphore pour le voyageur qui s’en va.
Thèmes
- Lettrés (séparation)
- Ascension (bâtiment)
- Couleurs
- Paysage (peinture)
- Paysage (nuées)
- Eau
- Chu (pays)
- Immortels et immortalité
Attributs
- Année de composition : 730
- Forme : qi yan jueju 七言絕句
- Vers : 4
- Pieds : 7
- Thème : poème d’adieu
- Lieu : (Hubei) Wuhan
- Esthétique : 1
- Mode : neutre
Anthologies : 15/29
- Biecai(Q), Sanbai(Q), Juyao(R), Yiduo(R), Yu(P), Cidian(P), Xianggang(P), Quan(P), Pingjian(P), Ge(P), ZhongJilin(P), XiaoZhonghua(P), XiaoLiu(P), XiaoZheng(P), Paihang(P)
- Trois cents poèmes des Tang
- 11 anthologies RPC
- 4 anthologies scolaires
- Palmarès (n°40)
- Trad. Demiéville 262, Splendor 101, Hu-Sterk 365
Liens externes
- La page du poème sur l’encyclopédie Baidu : https://baike.baidu.com/item/%E9%BB%83%E9%B6%B4%E6%A8%93%E9%80%81%E5%AD%9F%E6%B5%A9%E7%84%B6%E4%B9%8B%E5%BB%A3%E9%99%B5/2804672
- Des vidéos expliquant d’une façon didactique ce poème : https://www.youtube.com/watch?v=7SL3q61VvSo https://www.google.com/search?sca_esv=eb5b4f820ac811f1&sxsrf=AE3TifMwRcYKzaXTLa11qSGNIak3LTJR8Q:1761643249983&q=%E6%9D%8E%E7%99%BD+:+%E9%BB%83%E9%B6%B4%E6%A8%93%E9%80%81%E5%AD%9F%E6%B5%A9%E7%84%B6%E4%B9%8B%E5%BB%A3%E9%99%B5&source=lnms&fbs=AIIjpHx4nJjfGojPVHhEACUHPiMQYfURUq58J6Fn4NbJBsIlHfjq0kNfSbygTwSRrWtUGJ2okyCo_dM2pv2SOH7zOxQBCkeIHnPHabopnyi3f0FfamRLUgmuegskPtef4ft_QioDcqIaTtyxTQXjwHin7H3Ru4Gx1hL7O_4avLYPudNPqiWPn7Ra9f08uWV6o-wIxL11TIs-qHcGYMndZcngcoExA27reIHwkQjvXFrQS8L9sinGvdk&sa=X&ved=2ahUKEwimpovByMaQAxVNzgIHHRArJ3UQ0pQJegQIDRAB&biw=1609&bih=1034&dpr=1.5#fpstate=ive&vld=cid:fafedff6,vid:JtfYvHByqlo,st:0